Écosse 2026

Partie au mois de mai, le temps a pu être parfois capricieux ; la pluie s’est invité à plusieurs reprises : parfois seulement pour quelques minutes, mais suffisamment pour interrompre une séance de dessin d’observation ou plus longtemps, bouleversant le programme prévu. Disons que ça aurait pu être pire (il ne faisait pas meilleur en France au même moment), comme mieux.
Ce road trip de treize jours m’a déjà permis de découvrir une belle partie de cette nation et j’ai plaisir à vous en partager le récit, le tout accompagné comme à mon habitude de quelques croquis réalisés sur place.
Bonne lecture à vous !
JOUR 1 : AEROPORT -> GLASGOW
Qui dit road trip dit moyen de locomotion. Première étape du voyage : récupérer une voiture de location.
Si, à titre personnel, je n’ai pas expérimenté directement la conduite à gauche, j’ai déjà pu être perturbée en tant que passagère. Si l’on finit par s’y habituer avec le temps, cela reste une gymnastique intellectuelle qui bouscule nos réflexes et nos habitudes.
Mais revenons-en au voyage.
Alors que la route nous menait vers notre première grande étape, Glasgow, nous nous sommes arrêtés à mi-chemin pour découvrir deux sculptures monumentales en acier, hautes d’environ trente mètres, situées dans le parc The Helix, à Falkirk : les Kelpies.
Le vent était glacial et je me suis surprise à penser que je ne parviendrais jamais à réaliser le moindre croquis de tout le séjour, si le vent soufflait partout avec la même intensité. Heureusement, comme pour me prouver qu’il existerait toujours une solution, une boutique de souvenirs/restauration se trouvait juste en face des Kelpies. Grâce à ses larges baies vitrées, j’ai pu réaliser mon premier croquis à l’abri, tout en dégustant un repas chaud et réconfortant : des macaronis au fromage, mais surtout un dessert typique, un millionnaire shortbread, un sablé au beurre recouvert de caramel fondant et de chocolat au lait.

Une fois rassasiés et après avoir pris le temps de marcher autour des sculptures, il était déjà temps de reprendre la route pour rejoindre Glasgow et récupérer les clés de notre premier logement. Une fois installés, nous avons profité de la fin d’après-midi pour commencer à explorer les environs.
Nos pas nous ont mené jusqu’à la Cathédrale gothique Saint-Mungo de Glasgow, qui est imposante, mais dont la tour principale était « malheureusement » en travaux (donc non visible).
À quelques pas de là se trouve la nécropole de Glasgow, vaste cimetière de quinze hectares qui s’étend sur une colline verdoyante et offre de magnifiques points de vue sur la ville. Un lieu de promenade atypique qui m’a particulièrement plu, trouvant au lieu un charme certain.
Durant mon adolescence, j’ai lu la saga l’Epouvanteur de Joseph Delaney et j’ai facilement transposé l’ambiance qui régnait dans la saga littéraire dans les lieux que je parcourais. J’imaginais volontiers sorcières, gobelins et autres créatures fantastiques reposer sous les pierres tombales, tant le décor semblait tout droit sorti de ces romans.
Pourtant, à aucun moment je ne me suis sentie mal à l’aise. Bien au contraire. Très vite, je me suis mise en tête de conserver une trace de cet endroit dans mon carnet de voyage.
J’ai longtemps arpenté les allées à la recherche du point de vue idéal, celui où je pourrais m’installer sans avoir l’impression de déranger ou de manquer de respect à qui que ce soit. Après tout, dessiner au cœur d’un cimetière reste une expérience assez singulière. Une première pour moi.
J’ai finalement trouvé un banc offrant une vue dégagée sur quelques tombes au premier plan. En arrière-plan se dressaient la ville de Glasgow et sa cathédrale, dont je vous parlais un peu plus tôt. Le sujet m’a semblé parfait.

Je me suis appliquée à terminer mon croquis avant de reprendre le chemin du logement, alors que le cimetière s’apprêtait à fermer ses portes. Même si je m’y étais sentie particulièrement bien, je n’avais pas vraiment envie d’y passer la nuit !
JOUR 2 : GLASGOW

Ayant grandi en espérant pouvoir un jour recevoir ma lettre d’admission pour Poudlard (de la saga Harry Potter), il était impensable de ne pas me rendre à l’université de Glasgow. Son architecture a d’ailleurs inspiré certains décors du film. La visite a évidemment été ponctuée d’une nouvelle pause pour réaliser un dessin d’observation.

Le temps nous a malheureusement manqué pour visiter le Kelvingrove Art Gallery and Museum, pourtant prévu au programme. Entre mes séances de croquis, qui m’accaparent facilement plus d’une heure à chaque fois, et les horaires de fermeture relativement tôt des lieux touristiques (généralement autour de 17 heures), il était difficile de tout faire tenir en une seule journée. Si j’ai un jour l’occasion de revenir à Glasgow, cette visite figurera sans aucun doute parmi mes priorités. L’aperçu que j’avais vu sur internet me laisse penser que cela mérite d’être visiter.
Si les musées ferment relativement tôt, le soleil se couche particulièrement tard pour un mois de mai (en tout cas, par rapport à la France). Cela est idéal pour prolonger le programme, avec une balade jusqu’au Glasgow Green, un grand parc de 55 hectares, en début de soirée.
Sans être somptueux ou un incontournable, il offre un aperçu agréable de ces espaces où l’on imagine volontiers les habitants venir se promener. J’y ai notamment admiré la fontaine Doulton, inaugurée pour commémorer le jubilé d’or de la reine Victoria.
Le parc abrite également une serre, malheureusement fermée lors de notre passage. À défaut, j’ai beaucoup apprécié la façade du Templeton Business Centre, dont l’architecture originale a immédiatement attiré mon regard.
JOUR 3 : GLASGOW -> FORT WILLIAM (ROUTE DES HIGLANDS)
Ce fut la journée du séjour la moins clémente sur le plan météorologique. Beaucoup de pluie, beaucoup de vent… Mais peut-être est-ce bien tombé, car c’était une journée où nous avons beaucoup roulé : nous étions donc à l’abri dans la voiture.
De Glasgow jusqu’à Fort William, nous avons emprunté la route des Higlands. Pendant plusieurs kilomètres, nous avons longé les rives du Loch Lomond avant de traverser montagnes, vallées et lochs, dans des paysages proches de l’image que je me faisais de l’Écosse.
Toutefois, nous avons la mauvaise surprise de constater que les parkings de deux points d’intérêts initialement prévus (deux cascades) étaient fermés pour travaux. Sans possibilité de nous arrêter, nous n’avons pu voir les Falls of Falloch ou Glencoe waterfall.
Cela n’enlève rien au charme de cette route, qui constitue déjà une attraction en elle-même. Et de multiples points de vue sont accessibles tout au long de la route. Pour n’en citer que quelques-uns : Loch Tulla Viewpoint (je recommande), Loch Ba Viewpoint, Rannoch Moor Viewpoint.
Ceci-dit, il y avait beaucoup de voitures et de touristes. Les places de parkings se remplissaient rapidement. Pour le sentiment d’être seuls au monde au milieu des Highlands, il faudra repasser. Et je n’ose imaginer ce que cela doit être en plein été : cela doit devenir difficile, voire franchement étouffant.
Je dois avouer avoir fini la journée avec une légère frustration.
JOUR 4 : FORT WILLIAM -> VIADUC DE GLENFINNAN -> ILE DE SKYE
Cette quatrième journée a commencé par un peu de route pour rejoindre le viaduc de Glenfinnan… Ou du moins, c’était ce qui était prévu. À notre arrivée, le parking principal affichait complet. Par chance, nous avons trouvé une place près du Glenfinnan Station Museum ; un petit musée, dont je n’ai pas trouvé d’intérêt réel, mais l’entrée était inclus avec le parking.
De là, nous avons emprunté le Glenfinnan Viaduct Trail.
J’ai adoré ce sentier qui prend de la hauteur et qui, en plus de mener au célèbre pont ferroviaire qui apparaît dans les films Harry Potter, offre tout au long du parcours de superbes points de vue sur le Loch Shiel, les montagnes environnantes et le monument de Glenfinnan. Bref, difficile de rester insensible face à de tels paysages !
J’ai véritablement eu l’impression d’être transportée dans un monde, où Poudlard serait bien présent quelque part dans les environs, mais caché aux yeux des Moldus comme les miens. Malgré quelques gouttes de pluie, j’ai adoré cet endroit et le moment passé là-bas.
L’arrivée au point de vue sur le viaduc n’a été que l’apothéose. Mon cœur de Potterhead était comblé.

Mais la journée était encore loin d’être terminée. Une fois de retour à la voiture, nous avons repris la route en direction de l’île de Skye. Notre hébergement se trouvait au nord de l’île et nous avions initialement prévu d’emprunter un ferry qui nous aurait fait gagner près d’une heure de trajet. Malheureusement, toutes les places avaient déjà été réservées. Rien de dramatique cependant : nous avons simplement adapté le programme en conséquence, en tenant compte des trois heures de route restantes, sans compter les pauses.
C’est ainsi que nous avons fait escale au château d’Eilean Donan. Construit au XIIIᵉ siècle, il se dresse sur une petite île à la rencontre de trois lochs. Chargé d’histoire, ce château est également l’un des plus emblématiques d’Écosse et a servi de décor à plusieurs films, dont un James Bond.
Je dois d’ailleurs vous faire une confidence : à cause d’une météo toujours aussi capricieuse, c’est à l’abri dans la voiture que j’ai réalisé mon croquis. Je n’en suis sortie que pour prendre quelques photos.

Puis nous sommes enfin arrivés sur l’île de Skye, la plus grande des Hébrides intérieures, reliée au nord-ouest de l’Écosse par un pont. Ce qui m’a immédiatement frappée (et ce sentiment ne fera que se confirmer les jours suivants), c’est l’absence quasi totale d’arbres. Cela confère aux paysages un aspect sauvage, presque irréel, comme si nous nous trouvions au bout du monde.
En me renseignant, j’ai découvert qu’il ne s’agissait pourtant pas du paysage naturel originel des Highlands. Cette absence d’arbres est le résultat de plusieurs siècles de déforestation.
Avant de rejoindre notre Airbnb, nous avons effectué une dernière petite randonnée le long du cours d’eau Allt Dearg Mòr, où on retrouve de nombreuses petites cascades dans un décor paisible. Peut-être était-ce dû à l’heure tardive, mais nous avons rapidement eu la chance de nous retrouver seuls sur le sentier. Une sensation délicieuse !
La randonnée de l’Old Man of Storr est un incontournable de l’île de Skye, et à juste titre !
Cette marche d’environ 4 kilomètres, avec 320 mètres de dénivelé positif, permet d’atteindre un point de vue spectaculaire sur le célèbre monolithe. Certes, le lieu attire beaucoup de monde, mais le panorama est dingue et je comprends totalement son succès. C’est naturellement un de mes coups de cœur du voyage et s’il n’y avait qu’une chose à retenir et conseiller de Skye, ce serait cet endroit : Randonnée et point de vue grandiose digne d’une carte postale. Le combo gagnant !
Le croquis souvenir était obligatoire et j’espère avoir su rendre hommage à la majesté des lieux !
J’avais envisagé, pendant un temps, d’enchaîner avec une autre randonnée du côté du col du Quiraing. Mais le vent, particulièrement froid et puissant ce jour-là, m’a dissuadée de m’aventurer plus loin que le parking. Cela étant, même depuis ce dernier, les paysages sont déjà magnifiques. La route qui y mène, avec ses nombreux lacets, vaut également le détour. Mieux vaut toutefois éviter les jours de forte affluence : la chaussée est étroite et les passing places (espaces aménagés sur le bord de la route pour permettre aux véhicules de se croiser) s’enchainent.
À défaut, nous avons poursuivi notre route vers un autre site touristique, moins exposé au vent : le Fairy Glen. J’y ai d’ailleurs eu la surprise de reconnaître plusieurs randonneurs croisés plus tôt lors de l’ascension de l’Old Man of Storr.
Le Fairy Glen, qu’on pourrait traduire vallée des fées, propose une jolie promenade dans un décor presque irréel. Entre les collines verdoyantes, les spirales de pierres et cet imposant amas rocheux que la légende associe au royaume des fées, l’atmosphère y est particulièrement féerique. C’est d’ailleurs ce sentiment de merveilleux que j’ai essayé de retranscrire dans mon dessin réalisé sur place.
La journée aurait pu s’arrêter là, mais en constatant que la pluie devait faire son retour le lendemain, nous avons décidé d’avancer une des balades prévues au programme.
Après un peu de route, puis une vingtaine de minutes de marche sur un sentier relativement plat, nous sommes arrivés à Coral Beach. Surnommée « la plage tropicale » en raison de son sable blanc composé de coraux blanchis et de coquillages broyés, ainsi que de ses eaux turquoise, elle avait presque des airs de paradis exotique. Il ne manquait finalement que la chaleur… et l’absence de vent pour s’y croire complètement.
JOUR 6 : ILE DE SKYE
Parce que les vacances, c’est aussi fait pour se reposer, et puisque la pluie avait décidé d’être particulièrement présente, cette sixième journée s’est révélée plus tranquille que les précédentes.
Après une matinée consacrée à une grasse matinée bien méritée, direction le Dunvegan Castle and Gardens, le plus vieux château encore habité d’Écosse. Certes, le prix d’entrée n’est pas donné, mais nous avons beaucoup apprécié la visite. Les jardins de cinq hectares sont magnifiques et l’intérieur du château est tout aussi intéressant. Grâce aux nombreuses fiches explicatives, disponibles notamment en français, nous avons pu en apprendre davantage sur son histoire.
En sortant, nous avons repris la route en direction d’un nouvel objectif : le point le plus à l’ouest de l’île de Skye, le phare de Neist Point.
Sur la route, impossible de manquer les véritables maîtres des lieux : les moutons. Ils sont partout et semblent mener leur petite vie sans se soucier des voitures qui ralentissent à leur approche. J’ai été la première à craquer pour leurs adorables bouilles et encore plus pour les agneaux nouveau-nés, qui restaient collés à leurs mères.
À notre arrivée, nous découvrons une vue superbe sur cette avancée de terre bordée de falaises abruptes et dominée, à son extrémité, par un joli phare. L’ambiance y est saisissante, avec ce sentiment d’être arrivés au bout du monde.
Si la météo avait été plus clémente, j’aurais volontiers emprunté le sentier qui mène jusqu’au phare. Mais le vent violent et les nombreuses averses me faisaient craindre un chemin boueux et glissant, d’autant qu’il fallait enchaîner plusieurs montées et descentes.
Je me suis donc contentée d’un point de vue déjà exceptionnel sur les falaises et le phare. Le paysage était vraiment magnifique, même si je dois reconnaître que la hauteur m’a impressionnée et réveillé un léger vertige.
Et vraiment, l’envie de sortir mon carnet pour immortaliser cet endroit me démangeait. Mais cela n’aurait été envisageable qu’avec une meilleure météo. À défaut d’une illustration, c’est une série de photographies que je conserverai en souvenir de cette sixième journée de voyage.
JOUR 7 : ILE DE SKYE -> INVERNESS
Encore une grosse journée sur les routes, puisque nous quittions l’île de Skye pour rejoindre Inverness. Au programme : au moins trois heures de trajet. C’était sans compter le petit détour que nous avions prévu pour une nouvelle randonnée, qui deviendra finalement l’un de mes autres grands coups de cœur du séjour.
Le Fyrish Monument est un monument écossais perché au sommet de Cnoc Fyrish. Avec ses arches et ses colonnes de pierre, il offre un magnifique panorama sur toute la région. Une véritable pépite qui mérite largement les six kilomètres de marche et les 292 mètres de dénivelé nécessaires pour l’atteindre. Avec l’Old Man of Storr, il s’agit sans aucun doute de l’un de mes endroits préférés du voyage.
Une fois arrivée au sommet, je me suis installée pour réaliser mon croquis souvenir. Comme une illustration me demande facilement une heure, les visiteurs ont largement le temps d’arriver, de repartir et d’être remplacés par d’autres.
C’est ainsi qu’un homme est venu s’installer non loin de moi avec plusieurs trépieds et appareils photo qu’il ne cessait de déplacer et d’ajuster. Lorsque j’ai terminé mon dessin, j’ai voulu prendre une photo de mon carnet avec le monument en arrière-plan, comme je le fais habituellement. Mais ne sachant pas ce qu’il était en train de photographier, j’avais peur de le déranger ou de gâcher une éventuelle prise de vue. Je me suis donc approchée pour lui demander si je pouvais prendre une photo. Mon anglais étant ce qu’il est (= pas spécialement bon), le monsieur a compris que je lui demandais une photo de moi, mon carnet et le monument.
Je me suis donc retrouvée avec un cliché totalement inattendu (mais très réussi) et cette petite anecdote m’a tellement fait sourire que j’avais envie de vous la partager.
Ne pas évoquer le Loch Ness, que nous avons longé un peu plus tard, aurait sans doute été une erreur. Pourtant, en toute franchise, je ne lui ai trouvé rien de particulièrement remarquable. L’Écosse regorge de lochs magnifiques et j’ai trouvé que la réputation de celui-ci était peut-être un peu surfaite. Mais au moins, c’est fait !
Le soir, nous avons fait étape à Inverness avant de reprendre la route dès le lendemain matin. Peut-être était-ce une erreur de ne lui consacrer qu’une nuit, car en traversant le centre-ville, j’ai eu l’impression qu’il y avait beaucoup à découvrir. J’y ai vu un potentiel que j’aurais aimé prendre le temps d’explorer. Peut-être qu’un jour, si l’occasion se présente, je reviendrai pour découvrir plus en profondeur cette région.
JOUR 8 : INVERNESS -> ABERDEEN
Si vous ne le saviez pas, et sans que je puisse vraiment l’expliquer, j’ai toujours été fascinée par l’histoire de la famille royale britannique. J’étais donc ravie d’inclure à ce séjour en Écosse la visite du célèbre château de Balmoral, résidence d’été de la famille royale depuis 1852 et lieu où la reine Élisabeth II est décédée en 2022.
Soyons honnêtes : le prix d’entrée est élevé, surtout lorsque seule une pièce du château est ouverte à la visite. Je comprendrais donc que certains visiteurs puissent être déçus. Pour ma part, les vastes jardins et l’extérieur du château m’ont beaucoup plu, ce qui a largement compensé cet aspect.
Séduite par le bâtiment, j’ai naturellement voulu en réaliser un croquis. Mais vous commencez à connaître la chanson…
Alors que le ciel était d’un bleu éclatant et qu’aucun nuage ne semblait menacer à l’horizon, je n’ai eu le temps que d’esquisser les premières lignes qu’une forte averse s’est abattue, me contraignant à me réfugier dans l’espace de restauration.
J’ai bien tenté une seconde fois lorsque le temps m’a paru plus clément, mais avec exactement le même résultat. Puis, à la troisième tentative, alors qu’un simple passage aux toilettes avait suffi à laisser la météo changer d’humeur et faire revenir les grosses gouttes, je me suis fait une raison : ce croquis serait terminé d’après photo. Une pratique que je préfère éviter, mais qui s’imposait cette fois-ci.
J’avais initialement prévu de poursuivre la journée avec la randonnée menant au Prince Albert’s Cairn, une étonnante pyramide de pierre perdue au milieu des paysages écossais. Oui, une pyramide en Écosse… et je trouvais déjà l’idée incroyable ! Mais au vu des conditions météorologiques, j’ai jugé plus prudent de ne pas m’y aventurer, même si j’en mourrais d'envie.
Un temps, nous avons envisagé de revenir les jours suivants si la météo s’améliorait. Malheureusement, durant notre séjour à Aberdeen, la pluie s’est montrée encore plus présente et nous ne sommes jamais revenus dans cette région.
Je prends cela comme une promesse de revanche. Si un jour je retourne en Écosse, j’espère que la météo se montrera plus clémente et me permettra enfin de grimper jusqu’à cette mystérieuse pyramide.
JOUR 9 et 10 : ABERDEEN
Comme je le disais un peu plus tôt, les journées passées à Aberdeen ont été particulièrement pluvieuses. Au final, je n’ai réalisé que très peu de croquis dans la région, également appelée Aberdeenshire.
A défaut de vous en montrer quelques images, je pourrais vous laisser quelques commentaires de mes découvertes là-bas. Car même s’il s’agit sans doute de la ville qui m’a le moins séduite dans sa globalité durant ce voyage ; on ne peut lui retirer certains atouts.
Parmi eux, le Footdee est un quartier de pécheur, où les habitants se sont amusés à joliment décorés leurs quartier résidentiel, acceptant par la même occasion de devenir un lieu attirant les touristes. C’est pittoresque comme on aime.
En centre-ville, j’ai totalement craqué pour l’architecture du Marischal College, qui aurait bien mérité un croquis d’ailleurs. Une pépite emblématique en granit qui devrait figurer sur l'itinéraire de voyage pour quiconque visite Aberdeen. Il s’agit d’ailleurs du deuxième plus grand bâtiment en granit au monde.
Pour échapper à une nouvelle averse, nous nous sommes également réfugiés dans l’Aberdeen Maritime Museum. L’entrée est gratuite et, si nous avions su à quel point le musée était intéressant, nous nous y serions rendus plus tôt.
Malheureusement, le temps nous a manqué. Entre les horaires de fermeture relativement précoces des sites touristiques et notre arrivée tardive, nous n’avons pas pu tout explorer. Pourtant, ce que nous avons vu nous a passionnés. Bien conçu et très pédagogique, le musée retrace l’histoire maritime d’Aberdeen depuis l’Antiquité jusqu’à l’industrie pétrolière moderne. Une excellente surprise.
En reprenant la voiture pour explorer les alentours, nous sommes partis à la recherche des fameuses vaches des Highlands. J’imaginais en voir partout, mais elles se sont révélées bien plus discrètes que prévu. J’ai finalement eu le plaisir d’en apercevoir près d’une ferme spécialisée dans leur élevage (à mettre sur le GPS : Aberdeenshire Highland Beef). Cela peut sembler anodin, mais cette simple rencontre a suffi à faire mon bonheur.
Dans le même secteur, on peut retrouver le Château de Craigievar, malheureusement fermé pour cause de travaux. Mais sans trop m’approcher, j’ai déjà pu voir sa façade qui m’avait fait de l’œil sur internet. En effet, ses murs sont d’une couleur rose pêche lui donne, je trouve, un air de palais enchanté tout droit sorti d’un conte.
C’est finalement au château de Fraser que j’ai pu sortir mon carnet et prendre le temps de dessiner. Installée dans l’herbe, dans une atmosphère calme et intimiste, j’ai réalisé un nouveau croquis sans être dérangée. Un vrai plaisir.
Voilà un résumé de ces deux jours complets dans la région d’Aberdeen.
JOUR 11 : ABERDEEN -> EDIMBOURG
Et parce que toutes les bonnes choses ont une fin (même les vacances, snif), il était temps de rejoindre la dernière étape de ce road trip : Édimbourg.
Après avoir rendu la voiture, nous avons poursuivi le séjour en transports en commun. Et je dois avouer avoir été agréablement surprise par le réseau de bus de la ville. Réguliers et fiables, ils nous ont permis de rejoindre facilement notre logement, pourtant situé en dehors du centre-ville, même en fin de soirée. Nous n’avons jamais rencontré la moindre difficulté et avons beaucoup apprécié ce mode de déplacement.
D’ailleurs, chaque jour, en prenant le bus qui nous ramenait à notre hôtel, nous passions devant un magnifique bâtiment : The Playfair at Donaldson's. Si j’ai bien compris, il s’agit aujourd’hui d’une résidence privée et le site n’est donc pas accessible au public. Je n’ai pas donc pu m’en approcher, mais franchement, je me serais bien arrêté et approché pour le dessiner.
Le premier lieu que nous avons officiellement découvert fut la colline de Calton.
Si le monument de Dugald Stewart qui surplombe la ville est sans doute le point de vue le plus emblématique d’Édimbourg, j’ai trouvé un banc où m’installer au calme pour dessiner le Nelson Monument, un autre édifice du parc.
Après avoir profité du panorama, nous sommes redescendus en direction du centre-ville pour commencer à explorer ses rues.
Même aperçu de l’extérieur, le Balmoral impressionne. Cet hôtel cinq étoiles prestigieux a accueilli de nombreux membres de la famille royale et c’est également dans l’une de ses chambres que J. K. Rowling aurait terminé l’écriture du dernier tome de Harry Potter.
Ma curiosité m’a poussée à regarder le prix d’une nuit sur place. Disons simplement que j’ai très vite compris que je n’appartenais pas tout à fait à ce monde-là !
Alors on trace sa route et on continue tout droit. Cela tombe bien, car à deux pas, se trouve le Scott Monument, étonnante tour néogothique qui s’élève au cœur de la ville. Une belle entrée en matière avant la suite de la découverte.
Nous avons ensuite emprunté Victoria Street, probablement l’une des rues les plus photographiées d’Édimbourg. Avec sa courbe caractéristique et ses façades colorées, elle possède un charme indéniable. Victime de son succès, elle reste très fréquentée.
La journée s’est poursuivie par la visite de la cathédrale Saint-Gilles. Son impressionnant plafond bleu roi a particulièrement retenu mon attention.
Enfin, nous avons terminé la journée dans l’un des lieux qui m’intriguaient le plus : le cimetière de Greyfriars.
Avec ses vieilles pierres tombales et son atmosphère mystérieuse, je comprends sans difficulté pourquoi il est considéré comme l’un des lieux les plus hantés d’Écosse. Si j’avais été plus à l’aise en anglais (et un peu moins peureuse), j’aurais sans doute été tentée par une visite guidée des souterrains et des voûtes de la vieille ville.
On y aperçoit la tombe de Greyfriars Bobby, un chien resté fidèle à son maître même après sa mort. Et pour les amateurs de la saga Harry Potter, on y retrouve aussi plusieurs noms de famille qui auraient inspiré J. K. Rowling pour certains de ses personnages, comme McGonagall, Potter ou encore Riddle, le véritable nom de Voldemort dans la version originale.
JOUR 12 : EDIMBOURG

Comme cette petite merveille se situe à proximité du centre-ville, nous avons ensuite poursuivi notre découverte à pied jusqu’au château d’Édimbourg, édifié sur un ancien volcan.
Je n’aurais pas imaginé que la visite du château d’Édimbourg prendrait autant de temps. Et pourtant ! Arrivés peu avant le coup de canon de 13 heures (dont j’ignorais totalement l’existence, donc heureux hasard), nous y sommes restés une bonne partie de l’après-midi tant il y avait de choses à découvrir.
Mais ce qui a parfois pu me fatiguer sur place, c’est l’omniprésence des touristes. Sans atteindre les niveaux que j’avais connus au Japon, où cela m’avait parfois semblé étouffant, j’ai rapidement ressenti une certaine lassitude face à la foule et aux longues files d’attente.
Si vous prévoyez cette visite, je vous conseille d’ailleurs de réserver vos billets suffisamment à l’avance. Les créneaux partent relativement vite.
En quête de tranquillité après cette visite, je me suis installée sur un banc des allées surélevées de l'East Princes Street Gardens.
J’avais besoin d’une pause : me reposer, manger cette glace qui me faisait de l’œil depuis un moment et sortir mon carnet de croquis.
Il faut dire que l’endroit offre sans doute l’une des plus belles vues sur la ville. Les bâtiments qui me faisaient face, avec le château d’Édimbourg qui dominait l’ensemble sur le côté, composaient un panorama idéal pour immortaliser la capitale écossaise.
JOUR 13 : EDIMBOURG
Qui est-ce qui avait encore mis des serres au programme ? C’est bibi !
Pour autant, à mon arrivée au Jardin botanique royal, j’ai eu la surprise de découvrir qu’elles étaient en travaux. Il ne faut sans doute pas abuser des bonnes choses. Ce n’était finalement pas si grave : le parc restait vaste, agréable et parfaitement aménagé. J’ai pris plaisir à y flâner et à tenter d’apprivoiser plusieurs écureuils, avant de regagner le centre-ville.
Après être passés plusieurs fois devant au cours des journées précédentes, nous avons finalement osé franchir les portes de la National Gallery of Scotland. C’est l’avantage des musées gratuits : on ne se demande pas pendant dix minutes si la visite vaut son prix. On entre, tout simplement. Et je ne l’ai pas regretté une seule seconde.
A titre personnel, j’ai apprécié déambuler dans les galeries et suis restée quelques minutes devant certains tableaux, à essayer de comprendre les techniques employées par les artistes.
La fin des vacances approchant, comme pour tenter de ralentir le temps, je me suis accordé une nouvelle pause croquis afin d’immortaliser le paysage visible à la sortie du musée.
Ou du moins, un début de croquis.
Car l’Écosse ne serait peut-être pas tout à fait l’Écosse sans sa météo changeante. Je vous présente donc ci-dessous une illustration commencée sur place, stoppé à cause d’une averse, puis terminée plus tard d’après photographie. On y aperçoit plusieurs monuments déjà évoqués au fil de ce récit, dont le Scott Monument et le Balmoral.
Enfin, pour clore ce voyage en apothéose, je dois vous parler d’un restaurant. Si, comme moi, les souris d’agneau font partie de vos plats préférés, ne manquez surtout pas de réserver une table au Makars Mash Bar, qui en a fait sa spécialité. Vos estomacs me remercieront.
BILAN
Et c’est ainsi que s’achève ce récit de voyage.
Je garderai de cette parenthèse écossaise bien plus qu’une simple succession de lieux visités. Je retiendrai ces ambiances presque mythiques qui m’ont replongée dans les univers qui ont bercé mon adolescence, les paysages sauvages de la côte ouest, plus dénudés et battus par les vents, puis ceux plus verdoyants et boisés de l’est du pays. Je repenserai aussi à ces randonnées mémorables, à une cuisine bien meilleure que ce à quoi je m’attendais, et à tous ces moments suspendus où j’ai pris le temps d’ouvrir mon carnet pour y laisser quelques souvenirs dessinés.
Malgré la pluie, malgré le vent et quelques frustrations, l’Écosse ne m’a pas déçue. Bien au contraire. Cette première découverte m’a donné envie d’y revenir un jour pour explorer davantage ce pays et, pourquoi pas, prendre ma revanche sur quelques lieux que la météo ne m’aura pas permis de découvrir pleinement.
J’espère que ce témoignage illustré vous aura replongés dans quelques souvenirs si vous connaissez déjà cette région du monde, ou qu’il vous aura donné envie de la découvrir à votre tour.
Et si vous êtes arrivés jusqu’ici, alors merci de m’avoir accompagnée dans cette aventure.
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